Lettre de l'Observatoire n°46

Ce mois-ci, dans la lettre, une agricultrice de Charente nous donne son témoignage sur la problématique de l’ambroisie et sa gestion dans les milieux agricoles de sa région; le guide complet de gestion de l’ambroisie à feuilles d’armoise dans les différents milieux colonisés (chantiers, milieu agricole, bords de route, bord de cours d’eau…) est disponible en ligne, et une pollinisation plus précoce dans la région lyonnaise confirmée par le modèle du RNSA.

 

Paroles d’acteur :

témoignage d’une agricultrice en Charente

 

Laëtitia PLUMAT est agricultrice, installée depuis 12 ans sur Fouquebrune en Charente. Son assolement est composé de blé, orge, tournesol, maïs irrigué, jachère et d’une petite partie réservée à de la vigne affectée au Cognac.

« La problématique de l’ambroisie est apparue il y a environ 4 ans. Au départ, seules quelques plantes disséminées dans les maïs, dans la vigne et dans les fossés et bordures de champs étaient visibles. Le fauchage beaucoup plus ponctuel des bords de route a contribué à sa prolifération.

En 2014, j’ai implanté 4 hectares de tournesol traditionnel. Ce fût un mauvais choix car j’ai dû les broyer avant récolte, l’ambroisie ayant pris le dessus. J’ai choisi de ne pas moissonner afin d’éviter la contamination dans les autres parcelles avec la moissonneuse batteuse. 

Depuis, j’ai dû changer mes pratiques culturales en effectuant davantage de rotations régulières et appliquer des désherbants spécifiques sur chaque culture.  Malgré cela, l’ambroisie est la reine de nos champs et son développement est exponentiel.  

Pour éviter son développement, je réalise un désherbage chimique début août dans les chaumes de céréales. Sans désherbant spécifique, aucune de mes cultures ne pourrait se développer normalement. Cela implique donc de semer des céréales à paille dans tous les champs régulièrement.

Fig. 1—Laetitia PLUMAT « L'ambroisie est toujours présente mais on arrive à canaliser la prolifération »
Fig. 1—Laetitia PLUMAT « L’ambroisie est toujours présente mais on arrive à canaliser la prolifération »

Comme vous pouvez le voir sur la photo (Fig. 1), l’ambroisie est toujours présente mais on arrive à canaliser la prolifération. J’ai prévu un désherbage cette semaine (du 25 au 30 juillet) avant de déchaumer mes parcelles d’orge et de blé moissonnées, soit environ 20 ha. Les allées dans les vignes sont broyées avant la floraison de l’ambroisie ainsi que toute bande enherbée sur l’exploitation.  

Les secteurs de Fouquebrune, Mouthiers, Torsac, Villebois sont également infestés et malheureusement des pratiques trop laxistes de certains et les problématiques de fauche tardive et incomplète de la collectivité n’aideront pas à en venir à bout. Tous les agriculteurs ici sont préoccupés par cette prolifération et ont recours à des désherbages chimiques pour enrayer le processus de destruction. L’interdiction de destruction des cultures intermédiaires pièges à nitrate (CIPAN) complique encore la gestion de l’ambroisie (cf. lettre n°37 pour plus d’informations (1)).

Je reste très prudente face à cette plante invasive car je suis allergique aux acariens donc un terrain très sensible. Hors de question pour moi d’arracher la plante à main nue et de respirer dans les parcelles trop infestées. »

 

Gestion de l’Ambroisie à feuilles d’armoise : un nouveau guide de référence

Fig.2— Guide de gestion de l’Ambroisie à feuilles d’armoise
Fig.2— Guide de gestion de l’Ambroisie à feuilles d’armoise

Ce guide pratique et pédagogique (cf Fig.2) a été conçu pour permettre aux différents gestionnaires des milieux concernés par la présence d’Ambroisie à feuilles d’armoise d’adopter des méthodes de gestion adaptées à chaque situation. La première partie, générale, donne les informations essentielles sur la plante et sa biologie. La seconde partie, constituée de fiches techniques destinées aux gestionnaires de terrain (agriculteurs, services des routes…), doit également permettre aux responsables de la coordination (Agences régionales de santé (ARS), représentants de l’Etat, Fédérations régionales de défenses contre les organismes nuisibles (FREDON), Conservatoire botaniques nationaux (CBN), Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE), référents ambroisie, etc.) de mettre en avant des principes de base de gestion afin d’alimenter le dialogue avec les acteurs de la lutte.

C’est un projet qui a été initié en 2016 : grâce à l’expertise de nombreux partenaires, l’Observatoire des ambroisies publie ce nouveau guide de gestion de l’ambroisie. Un tel guide existait déjà (2), élaboré à l’initiative du Grand Lyon en 2000. Les connaissances et les règlementations ayant évolué depuis, il était nécessaire de reproduire un document actualisé.

Des groupes de travail mobilisant des acteurs, issus de métiers divers et confrontés à la plante dans différents types de milieux, ont été constitués pour élaborer chacune des fiches techniques de ce guide. Ainsi, les contributeurs et relecteurs ont été nombreux à participer à ce projet : pour ne citer qu’eux : CBN, Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), Direction générale de la santé (DGS), ARS, FREDON, associations, gestionnaires de milieux, représentants de l’Etat, collectivités territoriales, chambres d’agricultures, allergologues, etc…et l’ensemble des membres du Comité Technique de l’Observatoire des ambroisies. Nous les remercions vivement pour leur implication.

Le document (en projet en attendant de derniers ajustements) est disponible à la lecture sur ce lien.

 

Une pollinisation plus précoce confirmée

Dans la lettre de l’Observatoire n°45 (juillet 2017)(3), le premier modèle de prévision de l’arrivée du pollen d’ambroisie du RNSA (Réseau national de la surveillance aérobiologique), simulé en juin, annonçait un pic de pollinisation en avance par rapport à 2016.

Ce modèle, relancé début juillet, semble confirmer cette tendance. Le modèle donne pour 2017 un premier pic d’émission de pollen d’Ambroisie à feuilles d’armoise allant du 5 au 8 août, sur la région lyonnaise, soit 9 jours en avance. Ces dates peuvent être avancées de 0 à 2 jours au Sud de Lyon, et retardées de 3 à 10 jours au Nord de Lyon (dans le département de la Nièvre, notamment). Cette avance prévue semble être essentiellement attribuée aux températures très élevées de la seconde quinzaine de mai.

 

 

Sources d’information

(1): Lettre n°37-CIPAN : http://ambroisie.info/docs/Lettre_observatoire_037.pdf

(2): Ancien guide de gestion : http://ambroisie.info/docs/AMBROISIE%20R-A%20light.pdf

(3): Lettre n°45-prévisions RNSA : http://www.ambroisie-blog.org/2017/07/la-lettre-de-lobservatoire-des-ambroisies-n45-juillet-2017/

Actualités

* Dans certaines régions (Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, etc.) les ambroisies forment leurs premières fleurs. C’est le moment de les arracher avant que le pollen ne soit présent.

* A vos agendas ! La 3ème Journée nationale de la qualité de l’air aura lieu le mercredi 20 septembre 2017. Cette journée, organisée par le Ministère de la transition écologique et solidaire et dont le Ministère des solidarités et de la santé est un des partenaires, a pour objectif de sensibiliser les citoyens sur l’importance de respirer un air de bonne qualité. Les évènements mis en place seront bientôt communiqués sur la plateforme dédiée.

* Pour rester connecté avec nos actualités, l’Observatoire des ambroisies a un nouveau blog : ambroisie-blog.org. Vous pourrez retrouver les contenus des lettres de l’Observatoire et la liste mise à jour des évènements de la Journée internationale de l’ambroisie.

 

Rédaction :

Marilou MOTTET

Sarah LABRUYERE

Laëtitia PLUMAT

Les anciens numéros de la lettre de l’Observatoire des ambroisies sont consultables sur : http://ambroisie.info/

Télécharger la lettre de l’observatoire n° 46

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