Lettre de l’Observatoire n°45

Dans ce numéro, Isabelle Demers nous parle de la gestion de l’ambroisie au Québec à travers 3 questions que nous lui avons posé ; le nouveau guide de gestion de l’ambroisie sur les chantiers est disponible sur le site de nos partenaires Eco-chantiers ; et enfin, le modèle de prévision du RNSA annonce un pic de pollen plus précoce cette année.

3 questions à Isabelle Demers, conseillère scientifique au sein de l’Institut National de Santé Publique du Québec

Quelle est la proportion de la population québécoise impactée par le pollen de l’ambroisie ? Cela a-t-il évolué depuis ces dernières années ?

Un québécois sur 10 serait spécifiquement allergique à l’ambroisie, celle-ci étant abondante sur une partie de cette province canadienne (Fig. 1).

Selon les statistiques québécoises, la prévalence de la rhinite allergique (toutes origines confondues, i.e. allergies aux pollens, acariens et animaux) serait passée de 6,0% à 9,5% entre 1987 et 1998, pour atteindre actuellement 16,8%. On note donc une tendance à l’augmentation de la prévalence allergique de la rhinite allergique (au sens large) depuis les trois dernières décennies.

Carte de répartition de l’Ambroisie à feuilles d’armoise au Québec en 2001
Fig. 1 – Carte de répartition de l’Ambroisie à feuilles d’armoise au Québec en 2001 (Source : Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les principales stratégies de lutte contre l’ambroisie mises en place ?

Le Ministère de la Santé et des Services sociaux a mis en place la Stratégie québécoise de réduction de l’herbe à poux (dénomination de l’Ambroisie à feuilles d’armoise au Québec, ndlr) et des autres pollens allergènes (SQRPA) (1).

Affiche de sensibilisation du public utilisée au Québec
Fig. 2 – Affiche de sensibilisation du public utilisée au Québec

Cette stratégie vise à mobiliser les instances québécoises (ex. municipalités), afin qu’elles contribuent à la réduction des impacts sanitaires associés aux pollens allergènes, principalement celui de l’herbe à poux. À terme, la SQRPA vise l’intégration de mesures de contrôle des pollens allergènes dans les pratiques courantes d’entretien des terrains des ministères et organismes gouvernementaux ainsi que des municipalités et arrondissements québécois.

La mesure de contrôle de l’ambroisie qui est privilégiée est la coupe des plants 2 fois par année, ciblées les 15 juillet et 15 août (+/- 7 jours) (Fig. 2) correspondant aux périodes québécoises (et non françaises) de la première floraison de la plante et de la deuxième floraison suite à sa repousse. Sachant que l’ambroisie est une plante indigène au Québec, il est impossible d’envisager son éradication. Nous avons une vision axée davantage sur l’entretien adéquat des terrains afin de s’assurer du maximum de réduction des quantités de pollen émis dans l’air, que sur des actions d’élimination de la plante. Des actions préventives sont également mises en place par endroits, comme l’ensemencement compétitif.

Avez-vous observé une diminution du taux de pollen dans l’air depuis l’élaboration de cette stratégie ?

Contrairement à la France, le Québec ne dispose pas d’un réseau de mesure des concentrations polliniques. Nous avons toutefois effectué quelques mesures très ponctuelles, et nous avons effectivement observé de bonnes diminutions des concentrations à la suite de l’application des méthodes de contrôle préconisées (i.e. l’arrachage ou la coupe).

Un nouveau guide de gestion de l’ambroisie sur les chantiers

L’ambroisie sur mon chantier de travaux : comment prévenir et lutter contre sa présence
Fig. 3 – L’ambroisie sur mon chantier de travaux : comment prévenir et lutter contre sa présence

Dans le cadre de la journée internationale de l’ambroisie, le Cluster Ecochantiers, la Fédération nationale des travaux publics, l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté, les FREDON FC (Franche-Comté) et FREDON France (Observatoire des ambroisies) ont organisé un rendez-vous le 19 juin 2016 à Besançon.

Cette journée était l’occasion d’échanger sur les connaissances et pratiques en matière d’ambroisie et de présenter plus particulièrement le mémento de prévention et lutte contre l’ambroisie sur les chantiers (Fig. 3).

Ce guide de gestion, à destination des Maîtres d’œuvre, des Maîtres d’ouvrage, de leurs assistances et des Entreprises de Bâtiment et de Travaux Publics, est le résultat d’un travail collectif. Il reprend les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour limiter le risque ambroisie de la conception d’un appel d’offre jusqu’à la réalisation-suivi d’un chantier.  Il est disponible sur les sites des partenaires (2).

 

 

La journée s’est terminée par une session d’arrachage de l’ambroisie sur une station en bord de route (Fig. 4).

Arrachage sur une station en bord de route sur une commune proche de Besançon - Larnod (25)
Fig. 4 –  Arrachage sur une station en bord de route sur une commune proche de Besançon – Larnod (25)

L’Observatoire des ambroisies, présent aux Culturales de Reims

Cet évènement important du monde agricole, tenu les 14 et 15 juin 2017, a été l’occasion de sensibiliser les médias, via une conférence de presse, à l’arrivée de l’ambroisie sur la zone de front du Grand Est (3).

Une pollinisation plus précoce cette année ?

C’est ce qui est annoncé par le modèle de prévision du RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique) : sur la région lyonnaise, compte tenu des conditions météorologiques qui ont régné depuis le début de l’année, le modèle annonce le premier pic de pollens d’Ambroisie à feuilles d’armoise dans la fourchette du 4 au 7 août 2017, soit 9 jours plus tôt que l’année dernière.

L’avance prévue semble pouvoir être attribuée, essentiellement, aux températures très élevées de la seconde quinzaine de mai. Mais il faut rester prudent : ces prévisions, réalisées un mois et demi à l’avance, peuvent être remises en cause par les conditions météorologiques de mi-juin et de juillet lesquelles jouent un rôle important.

Le modèle du RNSA sera relancé en début et fin juillet pour affiner les dates.

Sources d’information

(1): Stratégie québécoise de réduction de l’herbe à poux: http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/sante-environnementale/pollens/strategie-quebecoise-de-reduction-de-l-herbe-a-poux-et-des-autres-pollens-allergenes-sqrpa/

(2): Guide du risque ambroisie sur les chantiers : http://www.eco-chantiers.com/index.php?id=260

(3): Article du quotidien régional l’Union : http://www.lunion.fr/36261/article/2017-06-17/l-ambroisie-est-aux-portes-de-reims

Actualités

  • Comme indiqué dans le communiqué de presse du Ministère de la Direction Générale de la Santé, c’est maintenant qu’il faut arracher l’ambroisie! Les plantes ne sont pas encore en fleur, vous pouvez les arracher avec des gants.
  • Le nouveau guide de gestion de l’Ambroisie à feuilles d’armoise est consultable en ligne. Il fera l’objet d’un article pour le présenter dans la prochaine lettre de l’Observatoire du mois d’août. Bonne lecture !
  • Pour rester connecté avec nos actualités, l’Observatoire des ambroisies a un nouveau blog : ambroisie-blog.org. Vous pourrez retrouver les contenus des lettres de l’Observatoire et la liste mise à jour des évènements de la Journée internationale de l’ambroisie.

 

Rédaction : 

Marilou MOTTET et Sarah LABRUYERE

Les numéros de la lettre de l’Observatoire des ambroisies sont consultables sur : http://ambroisie.info/

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